La dune du Pilat

 

Un monde en mouvement

La dune du Pilat se développe à l’entrée du Bassin d’Arcachon sur une longueur de 2700 m pour une largeur de 500 m. La plus haute dune d’Europe culmine à une altitude de 103 (115 m au début du siècle).

L’histoire de la dune est relativement récente, de quelques siècle, et témoigne d’un milieu en perpétuel mouvement. La dune présente une face au vent (coté mer) qui laisse apparaître plusieurs niveaux sombres riches en matières organiques et correspondant à des paléosols peu évolués, dont 4 montrent une grande continuité.

A la base, légèrement au-dessus du niveau de la mer (entre 0 et 1 m NGF) affleure un paléosol ayant atteint le stade de podzol et portant des souches d’arbre (pins sylvestres, noisetiers, bouleaux, aulnes et chênes) en position de végétation.

Légèrement au-dessus, affleure un autre sol acide, à humus brut témoignant d’une flore assez similaire au premier paléosol. Au moment de ces 2 paléosols le rivage était situé à quelques kilomètres au large du littoral actuel.

Au-dessus de ces niveaux, on trouve de petits lits très minces de matières organiques et de silice colloïdale témoins de phases pédogéniques.

Entre 20 et 40 m d’altitude, un autre sol présente un aspect sinueux prononcé et se caractérise par une flore à pins maritimes dominants, à chênes, bouleaux et noisetiers peu abondants caractérisant des dunes anciennes de la Gascogne. Ce paléosol est connu sous le nom de sol à débris de cuisine de par la présence d’amas de coquilles et de fragments de poteries datant du XI, XII ou XIIIème siècle. On peut également y trouver des outils lithiques et des éclats de silex. Ces vestiges étalés dans le temps témoignent d’une phase prolongée de stabilité du milieu dunaire et de fixité de la ligne de rivage. La géométrie de ce paléosol rappelle les dunes paraboliques.

Le dernier paléosol, situé entre 20 et 70 m d’altitude, correspond au sol de la forêt landaise actuelle édifiée lors de la fixation des dunes à partir du début du XIXème siècle.

 

L’origine du sable

Une partie du matériel sableux est amenée par les vents depuis les plages situées au Sud de la Dune. Toutefois ce matériel ne peut expliquer à lui seul la construction d’un tel édifice.

Il est vraisemblable que la plus grande partie du matériaux sableux provient de l’accolement au rivage du Pilat, à la fin du XIXème siècle, d’un banc comparable au Banc d’Arguin actuel.

  La Dune du Pilat en dessin animé

 

Les autres systèmes dunaires cotiers

L’observation aérienne des dunes permet de reconnaître plusieurs grandes familles de dunes :

Les Barkanes sont des dunes d’accumulation, édifiées en terrain plat, mobiles, en forme de croissant dont la convexité est tournée au vent. Elles peuvent atteindre une taille de 300 m et s’assembler pour former des formes complexes.

Les dunes paraboliques sont des dunes de déflation, peu mobiles, dont la forme se rapproche du U ou du V, et dont la convexité est tournée sous le vent. Leur taille varie de quelques décamètres à plus d’un kilomètre.

Les dunes en étoiles, immobiles, se rencontrent dans les clairières des forêts de pins et seraient dues à un déséquilibre dans le système des vents.

La Dune du Pilat correspond à une dune transversale, mobile, rectiligne, perpendiculaire à la direction du vent.

Les cordons dunaires du littoral, mobiles, sont formées en long cordon par la coalescence de formes tantôt barkhanoïdes, tantôt paraboliques.

Les grandes dunes en sabot de cheval font penser, par leur dimension (de 2 à 8 km) et leur hauteur (de 30 à 80 m) à une association de plusieurs barkhanes.

Il semblerait que la fabrication de ces édifices s’organise selon la chronologie suivante :

  • domaine des dunes paraboliques, que l’on trouvent dans l’actuel forêt usagère, qui englobe aussi des dunes en étoiles ;

  • domaine des barkhanes immédiatement à l’est du domaine précédent ;

  • domaine des grandes dunes à l’Est de la Dune du Pilat ;

  • la dune transversale du Pilat.

 

La dune vue d'avion

Un reportage photographique signé Claude ARMAND : 

vers Biscarrosse        la partie nord        la partie centrale        la partie sud

 

Pour en savoir plus

Ce document a été principalement réalisé à partir du : Guide géologique de l'Aquitaine – Editions MASSON,....